InterChanvre veut doubler les surfaces de chanvre en cinq ans
L’interprofession du chanvre entend mieux valoriser les atouts de la culture en jouant sur tous les leviers, y compris à l’échelle européenne.
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« Le chanvre, c’est bon pour nous, c’est bon pour la planète, c’est bon pour le sol, c’est bon pour notre cadre de vie et c’est bon pour notre maison. » C’est avec conviction que Franck Barbier, président de InterChanvre, a ouvert le congrès annuel « All Hemp » (en Français « Tout le chanvre »), organisé par l’interprofession les 12 et 13 janvier 2026 à Paris.
Des gains de parts de marché dans tous les débouchés
La filière a l'ambition de multiplier par deux les surfaces françaises de chanvre en cinq ans, aujourd’hui de 26 000 hectares. Et elle peut avoir confiance : la sole a déjà triplé en dix ans, faisant de la France le deuxième producteur mondial derrière la Chine, et le premier producteur européen.
Selon l’interprofession, le chanvre gagne partout en parts de marché, avec un gros avantage de départ : tout se valorise dans cette culture au surnom de « cochon végétal ».
Le débouché de la graine pour l’alimentation humaine explose (passant de 15 à 44 % en huit ans) avec des prix qui pour l’heure sont élevés. La fibre reste très présente, en volume, sur les papiers spéciaux mais perce sur d’autres marchés comme le géotextile, l’isolation, la plasturgie automobile et le textile.
Enfin, les nouvelles règles professionnelles dans le secteur du bâtiment ont permis à la chènevotte (partie boisée de la tige) de bien s’établir parmi les autres matériaux.
Une filière du géotextile à base de chanvre se crée (12/01/2025)
Forte de cette progression de la demande, la filière a mis la main à la poche : « 128 millions d’euros ont été investis dans les entreprises, 70 autres millions arrivent dans les projets de transformation et 6 millions d’euros vont aller dans la recherche et le développement, expose Frank Barbier. En tout, ce sont plus 200 millions d’euros d’investis, ce n’est pas rien. »
Si cette somme est colossale pour la filière, elle reste insuffisante : « Nous avons un outil industriel globalement prêt, mais il subsiste deux freins : la rémunération des agriculteurs et le maillage territorial », tranche Nathalie Fichaux, directrice d’InterChanvre.
Discussions pour la future Pac
La filière entend donc « jouer sur tous les leviers » pour pallier ces deux manques. Pour la rémunération, il s’agit en priorité de valoriser les atouts environnementaux de la culture. « Le chanvre, c’est zéro produit phytosanitaire et zéro irrigation », affirme Franck Barbier.
La plante répond aussi à 10 des 17 objectifs de développement durable de l’ONU, l’Organisation des Nations unies. Cet avantage, InterChanvre en a fait son socle pour la construction de son PSE (paiement pour service environnemental) au bénéfice de ses producteurs. « Nous travaillons depuis deux ans sur le sujet, et ça commence à porter ses fruits avec des mécènes qui souhaitent nous accompagner », se félicite le président.
Le chanvre attend d’être mieux rémunéré (27/12/2025)
Ce PSE de filière, InterChanvre le pousse auprès des représentants européens et français pour qu’il puisse être intégré dans la future Pac. L’interprofession veut aussi faire passer d’autres mesures, telles que le doublement des points rapportés par la culture du chanvre, dans le cadre de l’écorégime. « Nous avons besoin de rendre cette culture attractive par rapport aux autres grandes cultures », souligne Jérôme Gallois, administrateur d’InterChanvre, en charge des dossiers européens.
L’autre enjeu pour cette Pac post-2027 est d’arriver à « bien différencier » le chanvre industriel du chanvre moléculaire. En effet, depuis janvier 2024, l’interprofession a fait le choix de s’écarter du marché du cannabidiol (CBD), souhaitant ainsi se prémunir de toute ambiguïté. « Nous avons demandé une continuité des soutiens Pac, uniquement pour le chanvre industriel », précise Jérôme Gallois.
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